Le 18 mai, Raydium, la principale plateforme d’échange décentralisée (DEX) de l’écosystème Solana, a officiellement finalisé une mise à niveau majeure de son protocole Concentrated Liquidity Market Maker (CLMM). Cette évolution introduit trois fonctionnalités clés : les ordres à cours limité intégrés dans les pools, des frais dynamiques et la collecte optionnelle des frais sur un seul côté. Ces améliorations marquent une nouvelle étape pour Raydium dans l’optimisation de l’efficacité du capital et l’élargissement des outils de trading. Alors que l’écosystème DEX de Solana se diversifie rapidement, cette mise à niveau permettra-t-elle à Raydium de renforcer son avantage concurrentiel ?
Principaux changements fonctionnels de la mise à niveau CLMM
La dernière mise à niveau du CLMM de Raydium se concentre sur trois fonctionnalités optionnelles dites « add-on ». Premièrement, les ordres à cours limité dans le pool. Les fournisseurs de liquidité et les traders peuvent désormais placer des ordres à cours limité directement au sein du pool de liquidité concentrée, sans recourir à un carnet d’ordres externe. Deuxièmement, le mécanisme de frais dynamiques. Les taux de frais s’ajustent automatiquement en fonction de la volatilité du marché, optimisant ainsi la rémunération des fournisseurs de liquidité selon les conditions de marché. Troisièmement, la collecte unilatérale des frais. Les fournisseurs de liquidité peuvent choisir de percevoir les frais uniquement d’un côté de la transaction, une option particulièrement pertinente sur des marchés à forte orientation directionnelle. Les trois fonctionnalités sont rétrocompatibles, avec des interruptions au niveau du protocole strictement limitées, garantissant une expérience utilisateur quasi transparente.
Optimisation de l’expérience de trading et de l’efficacité du capital après la mise à niveau
L’introduction des ordres à cours limité modifie en profondeur la logique du trading sur DEX. Jusqu’à présent, les utilisateurs ne pouvaient exécuter des transactions qu’au prix du marché au sein des AMM. Désormais, ils peuvent placer des ordres à des niveaux de prix spécifiques et attendre leur exécution. Il s’agit d’une avancée importante pour les traders recherchant une exécution stratégique précise. Le mécanisme de frais dynamiques améliore la structure incitative pour la fourniture de liquidité : les frais augmentent lors de fortes volatilités, offrant une meilleure rémunération aux LP, et diminuent en période de faible volatilité, réduisant ainsi les coûts de transaction. La collecte unilatérale des frais offre aux teneurs de marché professionnels des outils de gestion du risque plus sophistiqués. L’ensemble de ces fonctionnalités devrait permettre à Raydium d’améliorer systématiquement son efficacité du capital et la qualité d’exécution.
Données de marché : les défis actuels de Raydium
Cependant, cette mise à niveau intervient à un moment critique où la part de marché de Raydium est sous pression. À la mi-mai 2026, le trafic des DEX sur Solana est fortement concentré autour de quelques protocoles. Sur les sept derniers jours, Meteora domine avec 84,7 milliards de dollars de volume d’échange, soit 64,9 % du marché. PumpSwap suit avec 37,9 milliards (29,0 %). Le volume de Raydium s’élève à 1,61 milliard, soit seulement 1,2 % du total. Orca dépasse Raydium en volume, mais ne compte qu’un cinquième du nombre de traders de Raydium. La taille moyenne des transactions sur Meteora atteint 884 dollars, contre seulement 117 dollars pour Raydium, soit un écart de 7,5 fois. Ces chiffres montrent que le trafic principal de Raydium provient d’une multitude de petites transactions, et non d’ordres institutionnels importants.
Impact potentiel des nouvelles fonctionnalités sur le trafic et les revenus
La mise à niveau CLMM de Raydium impacte les revenus du protocole via deux canaux principaux. Côté volume de transactions, les ordres à cours limité et les frais dynamiques devraient attirer davantage de traders professionnels, notamment ceux sensibles à la qualité d’exécution et aux coûts, comme les traders à haute fréquence. Côté taux de frais, le mécanisme dynamique permet d’augmenter automatiquement les frais lors des pics de volatilité, ce qui peut accroître les revenus globaux du protocole. Chaque transaction Raydium comporte des frais de swap, avec un taux standard de 0,25 % pour les pools AMM classiques. La majeure partie est reversée aux fournisseurs de liquidité, une fraction étant dédiée au rachat de tokens RAY. Si le volume et les taux de frais augmentent après la mise à niveau, l’ampleur des rachats de RAY s’accroîtra également. Il convient toutefois de noter que cette mise à niveau n’implique aucune modification du tokenomics ni émission supplémentaire, de sorte que l’amélioration des fondamentaux du protocole devrait être progressive et cumulative, et non liée à un événement ponctuel.
Positionnement structurel de Raydium dans la concurrence DEX sur Solana
Pour saisir l’importance de la mise à niveau de Raydium, il est essentiel de comprendre son rôle structurel dans l’écosystème DEX de Solana. Depuis le début de 2026, le paysage DEX de Solana s’est fragmenté à un rythme accéléré. Les AMM actifs et passifs ont suivi des trajectoires fondamentalement distinctes. Les AMM actifs représentent désormais plus de 50 % du volume spot sur Solana, concentrés presque exclusivement sur des paires profondes pilotées par oracle, où la qualité d’exécution est le principal facteur de différenciation. HumidiFi contrôle actuellement environ 65 % du volume des AMM actifs, suivi de Tessera (environ 18 %) et GoonFi (environ 7 %).
Les AMM passifs — Raydium, Orca et les pools classiques de Meteora — continuent d’assurer la liquidité initiale pour les nouveaux tokens et les actifs de niche, mais leur part sur les actifs à forte liquidité a fortement chuté. Il est notable que la nouvelle génération d’AMM passifs, tels que PumpSwap, Futarchy AMM et les pools Jupiter DTF, ne créent plus de pools pour SOL–USDC ou SOL–USDT, ayant reconnu leur incapacité à rivaliser avec les teneurs de marché traditionnels en termes de prix, de latence ou de fiabilité sur les actifs majeurs.
Le défi structurel de Raydium est clair : n’appartenant pas au camp des AMM actifs, il lui est difficile de s’imposer sur les marchés à exécution haute fréquence. Parallèlement, il subit la pression de la nouvelle génération d’AMM passifs axés sur l’émission — l’intégration verticale entre PumpSwap et Pump.fun, ainsi que l’écosystème collaboratif de Meteora et Jupiter DTF, forment des boucles émission→liquidité→trading plus complètes. La plateforme d’émission LaunchLab de Raydium est opérationnelle, mais reste en phase de rattrapage par rapport à ces modèles intégrés.
Capture du flux d’ordres : la variable clé pour la survie des DEX
Dans l’écosystème DEX de Solana, « qui contrôle le flux d’ordres » est devenu un facteur concurrentiel plus déterminant que « qui a construit le meilleur AMM ». Les AMM actifs n’ont quasiment pas de trafic natif en frontend — plus de 95 % du volume de HumidiFi provient d’agrégateurs comme Jupiter, leur compétitivité reposant entièrement sur la qualité, la rapidité et la fiabilité de l’exécution. Les AMM passifs ont perdu leur avantage sur les actifs majeurs. Le modèle passif le plus pérenne en 2026 repose sur l’intégration verticale autour des plateformes d’émission, les AMM servant de couche de monétisation pour les tokens émis.
La mise à niveau CLMM de Raydium s’inscrit en partie dans cette dynamique. Les ordres à cours limité et les frais dynamiques renforcent la compétitivité sur l’exécution, tandis que la collecte unilatérale des frais offre plus de flexibilité aux teneurs de marché professionnels. L’efficacité de ces fonctionnalités à combler l’écart avec les AMM actifs sur l’exécution et à consolider la position de Raydium dans l’émission constituera le principal indicateur de la valeur de cette mise à niveau.
Tokenomics et sécurité : les fondations des évolutions
Le modèle de token et l’architecture de sécurité de Raydium constituent le socle de ces améliorations fonctionnelles. RAY est le token utilitaire et de gouvernance natif de Raydium. Les détenteurs peuvent le staker pour obtenir des récompenses, participer au liquidity mining, bénéficier de remises sur les frais et voter dans la gouvernance communautaire. Sur chaque frais de protocole collecté, 12 % sont alloués au rachat de tokens RAY. Côté sécurité, Raydium a transféré les droits administrateur du programme vers Squads V4, mis en place un délai de 24 heures (timelock) et adopté des mesures multi-signatures, incluant des machines isolées hors ligne et des clés physiques. Sur la plateforme Gate, au 18 mai 2026, RAY reste activement négocié, avec un accès en temps réel aux prix et à la profondeur de marché.
Risques et incertitudes potentiels après la mise à niveau
Les risques potentiels liés à cette mise à niveau doivent également être pleinement pris en compte. Premièrement, l’algorithme adaptatif des frais dynamiques est complexe ; des paramètres mal calibrés pourraient entraîner des frais excessifs, freinant la demande de trading. Deuxièmement, la performance réelle des ordres à cours limité — taux d’exécution et contrôle du slippage — reste à valider en conditions de marché réelles. Troisièmement, la collecte unilatérale des frais pourrait entraîner des rendements déséquilibrés pour les LP lors de mouvements de prix extrêmes. Enfin, et surtout, Raydium fait face à une fragmentation structurelle de l’écosystème DEX Solana — une simple mise à niveau fonctionnelle ne suffira peut-être pas à inverser la tendance baissière de la part de marché, ce qui nécessitera du temps et des données de marché pour être confirmé. Le fossé creusé par les AMM actifs comme HumidiFi grâce à l’exécution haute fréquence n’est pas facile à combler.
Synthèse
Le 18 mai 2026, Raydium a finalisé la mise à niveau de son protocole CLMM, introduisant trois fonctionnalités majeures : ordres à cours limité dans les pools, frais dynamiques et collecte unilatérale des frais. Ces évolutions améliorent de façon systématique l’arsenal d’outils de trading du protocole et son efficacité du capital. Alors que l’écosystème DEX de Solana s’oriente vers « l’émission intégrée » et « l’exécution professionnelle à haute fréquence », cette mise à niveau vise à renforcer la compétitivité de Raydium au sein du modèle AMM passif. Toutefois, Raydium ne représente actuellement qu’environ 1,2 % du volume total des transactions et subit une double pression, à la fois des AMM actifs (menés par HumidiFi) et des AMM passifs intégrés verticalement (tels que PumpSwap et Meteora). L’impact réel de la mise à niveau dépendra de la croissance effective du volume d’échange, de l’optimisation des rendements pour les LP et de l’ampleur des rachats de tokens. Les participants au marché sont invités à suivre l’évolution des données d’utilisation du protocole après la mise à niveau, plutôt que de se focaliser sur les fluctuations de prix à court terme.
FAQ
Q1 : Quand la mise à niveau CLMM de Raydium a-t-elle été déployée ?
Raydium a officiellement finalisé la mise à niveau de son protocole CLMM le 18 mai 2026. Cette évolution est rétrocompatible, sans interruption perceptible pour les utilisateurs.
Q2 : Comment fonctionne la fonctionnalité d’ordre à cours limité ?
La nouvelle fonctionnalité d’ordre à cours limité est un « add-on » optionnel qui permet aux utilisateurs de placer des ordres à des niveaux de prix définis au sein du pool de liquidité concentrée. Lorsque le prix du marché atteint la valeur fixée, l’ordre s’exécute automatiquement, sans recours à un carnet d’ordres externe.
Q3 : Comment opère le mécanisme de frais dynamiques ?
Les frais dynamiques s’ajustent automatiquement en fonction de la volatilité du marché. Lors de fortes volatilités, les frais augmentent pour mieux rémunérer les fournisseurs de liquidité ; en période de faible volatilité, les frais diminuent afin de réduire les coûts de trading, assurant ainsi un équilibre dynamique entre efficacité de marché et rendement des LP.
Q4 : Cette mise à niveau affecte-t-elle le tokenomics du RAY ?
Cette mise à niveau ne modifie pas le modèle économique du token RAY et n’introduit pas de nouvelles émissions. Les mécanismes de staking, de gouvernance et de rachat restent inchangés. Une utilisation accrue du protocole soutiendra indirectement la demande de RAY et le rendement du staking via l’augmentation du volume d’échange et des revenus de frais.
Q5 : Quelle est la position concurrentielle actuelle de Raydium sur le marché DEX Solana ?
À la mi-mai 2026, Raydium représente environ 1,2 % du volume d’échange sur les DEX Solana sur les sept derniers jours, derrière Meteora (64,9 %) et PumpSwap (29,0 %). Raydium affiche une taille moyenne de transaction plus faible mais une fréquence de trading plus élevée, avec une valeur moyenne autour de 117 dollars. La plateforme fait face à une pression structurelle pour évoluer d’un modèle AMM passif vers des modèles plus efficients.
Q6 : Le token RAY est-il négociable sur Gate ?
Au 18 mai 2026, le token RAY reste activement négocié sur Gate. Les utilisateurs peuvent consulter les prix en temps réel et la profondeur de marché sur la plateforme.
Q7 : Comment participer en tant que fournisseur de liquidité Raydium ?
Les utilisateurs peuvent devenir fournisseurs de liquidité en déposant des tokens dans les pools AMM classiques ou CLMM via l’interface Raydium. Après cette mise à niveau, les LP peuvent également choisir d’activer la collecte unilatérale des frais, optimisant ainsi la structure de leurs rendements. Les utilisateurs de Gate détenant des tokens RAY peuvent les staker pour recevoir une part des revenus du protocole.




