
Alors que la situation au niveau du détroit d’Ormuz continue de s’intensifier, plusieurs acteurs de marché et analystes ont indiqué le 9 mai que les traders de Wall Street utilisent la logique de trading « NACHO (Not A Chance Hormuz Opens) », en remplacement du modèle « TACO (Trump Always Chickens Out) » auparavant populaire. La hausse des prix du pétrole n’est plus un choc temporaire, mais un nouvel environnement de marché.
D’après des informations relayées par les médias, le 7 mai 2026 (jeudi), les forces des États-Unis et d’Iran se sont à nouveau affrontées dans le détroit d’Ormuz. Les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir lancé l’attaque en premier. Le gouvernement des Émirats arabes unis a indiqué que ses systèmes de défense antiaérienne auraient récemment réussi à intercepter des frappes de missiles et de drones en provenance d’Iran. Une déclaration de l’armée américaine confirme que deux pétroliers iraniens tentant de franchir le blocus ont été attaqués et se sont retrouvés incapables de naviguer.
Le président américain Donald Trump, lors d’une interview accordée à ABC, affirme que la trêve « reste valable » et qualifie l’action militaire de « simple petit coup de tapotement ». Trump a par ailleurs averti qu’en cas de refus de l’Iran d’aboutir à un accord de paix, les États-Unis mèneraient une riposte « à un niveau supérieur ».
D’après les données de l’analyste Zavier Wong d’eToro, les primes d’assurance maritime liées à la guerre dans le détroit d’Ormuz ont atteint à un moment donné 2,5 % de la valeur des coques en mars 2026, contre un niveau d’environ 0,1 % avant le conflit. Bien qu’il y ait eu un repli récent, ces primes restent encore d’environ 8 fois le niveau d’avant le conflit.
Le Brent a reculé depuis son pic de fin avril 2026 à 126 dollars, mais il reste supérieur de plus de 38 % au plus haut atteint avant l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Le 9 mai 2026 (vendredi), il se maintenait au-dessus de 100 dollars.
D’après le dernier rapport de JPMorgan, les stocks mondiaux de pétrole brut détenus par le secteur commercial devraient s’approcher, début juin 2026, du « niveau de pression opérationnelle ». À ce moment-là, le marché dépendra de l’approvisionnement supplémentaire, ou sera contraint d’utiliser des installations de stockage conservant au minimum les volumes nécessaires, ce qui comporte un risque d’endommagement des infrastructures d’approvisionnement en pétrole.
Les données de RBC Capital Markets montrent que, parmi les secteurs, ceux où la part des coûts pétroliers dans les dépenses d’exploitation est la plus élevée sont les suivants :
Transport maritime : environ 40 % des dépenses d’exploitation
Transport aérien : environ 25 %
Produits chimiques, messagerie postale, produits en caoutchouc et en plastique : tous environ 20 %
Vasileios Gkionakis, économiste senior chez Aviva Investors, indique que les taux d’intérêt à court terme ont été nettement réévalués, avec un aplatissement de la courbe des rendements. Il souligne que si le détroit d’Ormuz reste fermé à long terme, le monde pourrait faire face simultanément à des chocs inflationnistes plus durables et à un risque de récession, ce qui réduirait encore la marge de manœuvre de la Fed pour baisser ses taux.
State Street Global Advisors indique que la logique de trading TACO et la logique de trading NACHO se jouent actuellement en parallèle sur le marché. Malgré des prix de l’énergie élevés, l’indice S&P 500 demeure au-dessus de son niveau sur T2. Des données de la Deutsche Bank montrent qu’au cours de ce trimestre, environ 85 % des bénéfices des entreprises américaines ont dépassé les attentes, nettement au-dessus de la moyenne historique, apportant un soutien au marché actions américain sur le front des résultats.
State Street ajoute par ailleurs que si les prix du pétrole restent élevés, l’or aura du mal à franchir durablement 5 000 dollars. À l’inverse, si le détroit d’Ormuz rouvre et que le prix du pétrole revient vers 80 dollars, l’or pourrait de nouveau tenter de viser 5 500 dollars.
Le trading NACHO (Not A Chance Hormuz Opens) désigne le fait que le marché estime que le détroit d’Ormuz aura peu de chances de rétablir rapidement la navigation, remplaçant la logique TACO (Trump Always Chickens Out) — cette dernière part du principe que la posture dure de Trump finira par s’assouplir. Le 9 mai 2026, Zavier Wong, analyste chez eToro, a déclaré que le trading NACHO reflète l’abandon, par le marché, de l’espoir d’une résolution rapide de la situation.
D’après le dernier rapport de JPMorgan, les stocks mondiaux de pétrole brut détenus par le secteur commercial devraient s’approcher du « niveau de pression opérationnelle » début juin 2026. Si l’approvisionnement supplémentaire s’avère insuffisant, le marché pourrait être contraint d’utiliser les stocks minimums nécessaires au fonctionnement des infrastructures, avec un risque d’endommager les infrastructures d’approvisionnement en pétrole.
D’après les données de RBC Capital Markets, les secteurs les plus touchés par le choc pétrolier sont le transport maritime (les coûts pétroliers représentent environ 40 % des dépenses d’exploitation), le transport aérien (environ 25 %), ainsi que les produits chimiques, la messagerie postale, les produits en caoutchouc et en plastique (tous environ 20 %).
Articles similaires
Les spéculateurs sur le pétrole brut WTI réduisent leurs positions longues nettes de 2 220 contrats, semaine se terminant le 5 mai
ICE : les spéculateurs sur le pétrole brut Brent réduisent leurs positions nettes longues de 9 000 contrats pour la semaine clôturée le 5 mai
Les contrats à terme sur l’or de Shanghai clôturent en baisse de 0,21 %, l’argent progresse de 0,09 % et le pétrole brut SC gagne 0,58 % le 9 mai
Le Nagel de la BCE signale une vigilance accrue face aux risques inflationnistes au milieu du conflit avec l’Iran vendredi
Le nombre de plateformes de gaz naturel aux États-Unis tombe à 129 pour la semaine se terminant le 8 mai
Les plateformes pétrolières aux États-Unis atteignent 410 au 8 mai, en hausse de 2 semaines sur semaines